Bye 2014, hello 2015

Aujourd’hui je prends ma plume ou plutôt mon clavier pour partager avec vous le bilan de cette année 2014 qui s’est finie et une année 2015 qui a commencé.

Pardonnez moi si ça vous choque de lire mon témoignage sur un accompagnement de fin de vie, je ne vais pas édulcorer les mots, certaines images seront difficiles. Mais c’est mon expérience de la maladie et la mort vécue de près et j’avais envie de la partager avec vous.
Remontons un peu dans le temps…
Janvier 2015 j’étais toujours enrhumée depuis le mois précédent, mon chat Benji était de plus en plus mal, en raison du diabète, cette saloperie de maladie…
Contrainte et forcée de reconnaître que non il ne s’en sortirait pas cette fois, je redoutais le pire.
Il avait déjà eu une crise de santé un an auparavant, à l’époque en accord avec le vétérinaire on avait stoppé tous les traitements, examens et j’avais prié, oui moi l’athée j’avais demandé un peu de répit…L’été 2013 je l’avais emmené a la campagne, il ne mangeait déjà plus, ne bougeait pas beaucoup et je m’attendais au pire.
A force de le nourrir à la cuillère et de le couver, et de prendre l’air de la campagne Benji s’est remis doucement sur pattes. C’était un peu sa deuxième vie (il parait que les chats en ont jusqu’à 9).
Mais cette renaissance a eu un prix, son corps a puisé encore plus pour tenir, le foie affaibli, le coeur et la machine qui déraille lentement…
En Décembre 2013 il était atteint d’un virus félin contre lequel son système immunitaire ne pouvait plus se défendre. Et de nouveau, plus de 10 ans après la maladie de mon père, j’ai assisté de près a la lente dégradation physique d’un être que j’aimais profondément.

Janvier 2014 le chat est toujours malade, il lutte mais il est fatigué.
Février 2014 Benji est à bout et moi aussi. La véto m’a parlé de mettre fin a ses souffrances, une procédure d’euthanasie, elle m’a aussi expliqué en termes médicaux ce qu’il vit au quotidien dans son corps entre le diabète et le virus. Voyez vous mon chat ne se plaint pas, ne miaule pas, je n’ai pas de signes extérieur de sa douleur. Et pourtant il maigris toujours et se déplace de plus en plus lentement. Je n’ai pas voulu croire en ce diagnostic pessimiste pendant longtemps.
Sauf qu’en plus des éternuements lié au virus il a complètement arrêté de manger et boire. Son corps se refroidit de jour en jour, son haleine sent mauvais depuis longtemps, ça sent le souffre, il parait que c’est caractéristique d’un corps qui meurt.
Bref son corps est en train de mourir de l’intérieur et il s’accroche encore mais péniblement.
Et je me sens tellement impuissante, je me blottis à coté de lui, je dors en essayant de le réchauffer, bref je le materne, mon bébé de chat. Les jours qui ont suivi je l’ai veillé, à chaque nouveau matin j’ai remercié le ciel, les anges, je ne sais pas quelle entité de m’accorder un peu plus de temps avec lui. Mais je sais que le temps défile et que bientôt il faudra le laisser partir.
Le jour de l’euthanasie arrive, une amie proche, celle qui me l’a donné est à mes côtés.

J’ai déjà perdu des animaux, dont un chien de famille qu’il a fallu endormir dans un contexte similaire. Mais là c’est mon chat, c’est différent, j’en suis la seule responsable, celle qui l’a élevée, une maman chat en quelque sorte.
Et c’est moi qui ait du décider du moment de sa fin, c’est très difficile.

La procédure ne prend que quelques minutes, le vétérinaire vérifie l’état de santé de l’animal, m’explique les étapes. D’abord elle l’endort, comme ça il sera inconscient lorsqu’elle l’endormira complètement. Une fois l’injection faite, mon chat s’endort calmement, lorsqu’elle me le présente et me propose de rester quelques minutes seule avec lui il est tout petit, blotti dans mes bras et roulé en boule, c’est comme le chaton que j’ai eu plusieurs années auparavant. La boucle est bouclé.
Elle me demande si je veux assister à la dernière étape, je refuse et quitte la pièce.
Bien sur je suis sous le choc, je pleure à chaudes larmes et cette amie est là, me console toujours.

Lorsque je retourne dans la pièce, j’ai la preuve que ça s’est bien passé, Benji n’est plus là, il ne reste que son corps.
Il ne souffre plus et c’est la fin d’un long calvaire pour nous deux.

On m’explique mes options pour gérer le corps, j’ai choisi la crémation en groupe, je viendrai récupérer une urne quelques semaines plus tard. En rentrant je jette son panier de transport qui a servi au trajet vers la clinique, et les jours suivant je range tous ces objets à la cave. Je sais qu’un jour je m’en débarrasserait, mais pas maintenant.
Ce jour là j’ai dormi, beaucoup, et les jours suivants aussi. Je ne me doutais pas que j’étais si fatiguée.

Plus d’une semaine après la clinique m’appelle pour récupérer l’urne, je viens seule cette fois on échange quelques mots, les assistantes et la vétérinaire sont émues, ce chat c’était notre bataille pendant 3 années, on a essayé de le sauver plusieurs fois, en vain.
Après le diagnostic de diabète en 2011, on a essayé des traitements à l’insuline avec injections qu’il détestait, des examens de suivi, prises de sang…Mais rien n’a fonctionné, le diabète a attaqué son corps, et lentement son état s’est détérioré.

Benji et moi c’est une très belle histoire
J’étais présente lors de sa naissance le 15 juillet 2006, je l’ai choisi et aimé instantanément ce jour là. Je suis revenu le récupérer quelques mois plus tard, une fois sevré et revenue de vacances.
La première année de cohabitation fut difficile, ce chat était dominant, dynamique, têtu…anxieux aussi, il ne supportait pas d’être seul quand je sortais travailler ou vivre ma vie. J’ai essayé de l’éduquer en vain, de le contraindre à dormir dans une autre pièce sans moi, sans résultats, il a toujours forcé la porte pour me retrouver. J’ai fini par céder et le laisser dormir au pied du lit et il m’a apprivoisé comme ça, lentement.

Lorsque je rentrais du travail après une longue journée, il m’accueillait comme un chien, il me suivait partout, miaulait, me faisait la fête. Je l’entendais miauler dès que j’approchais de ma porte d’entrée, il m’attendait tous les soirs. On m’avait toujours dit que les chats sont indépendants, n’ont pas besoin de nous, et vivent en autonomie totale. Pas le mien, c’était un pot de colle la plupart du temps, gourmand de câlins à l’heure où ça l’arrangeait (en général quand j’étais occupée évidemment). Je me souviens de sa technique d’approche pour venir petit à petit s’installer sur mes genoux, il prenait toute sa place lorsqu’il en avait envie. Des fois il tapait sur le magazine que j’essayais de lire, ou s’installait sur le bureau, le clavier, bref faisait tout pour que je le remarque.

J’étais dingue de ce chat, j’aurai tout fait pour lui, c’était un compagnon fidèle et sensible, parfait équilibre avec moi.
Un chat c’est un excellent révélateur des énergies, émotions, il manifestait parfois un comportement anxieux qui m’obligeait en retour à observer mon humeur du moment. Souvent son humeur se calait à la mienne, on était synchro.
Quand j’étais malade, il se collait à moi, ou sur mon ventre pour me réchauffer.
Je faisais souvent des siestes récupératrices et je n’ai rien connu de mieux que d’avoir cette boule de poils chaude qui ronronne sur moi. Comme une bouillotte mais vivante, et apaisante, ça me manque.

Depuis j’ai découvert la théorie de la ronron thérapie, il y a des études très sérieuses qui tendent à prouver les bienfaits d’avoir un chat et ses ronronnements, que ce soit au niveau du stress ou la régulation des émotions, voire sur la guérison du corps. C’est tout à fait fascinant, je vais mettre un article à part pour ceux que ça intéresse.

Bref l’année 2014 a commencé avec la fin d’une maladie d’un « proche », et sa perte. J’étais en deuil pendant les mois qui ont suivi, puis le printemps est arrivé et timidement je suis sortie de mon humeur triste, j’ai retrouvé le plaisir de sortir, de faire des rencontres sentimentale et profiter de la vie pleinement. Mon quotidien s’est organisé autrement, je pouvais m’absenter pendant plusieurs jours et nuits sans m’inquiéter de celui que j’aurai laissé chez moi. J’étais plus libre, et sans cette responsabilité de veiller sur la santé d’un être, des rv à la clinique vétérinaire etc.. Je ne me rendais pas compte du poids au quotidien de cette vie à accompagner un malade. J’ai donc décidé de profiter de ce changement, de m’adapter et de vivre plus fort.

Aujourd’hui je peux de nouveau côtoyer des chats sans amertume, ni tristesse avec juste le plaisir de jouer et profiter de leur présence.
Un jour j’aurai de nouveau un chat, un animal de compagnie, c’est une certitude, car j’ai besoin de ces créatures à quatre pattes qui me font tant de bien. Mais pour le moment je vis très bien sans. Je me laisse le temps de faire mon deuil et de construire d’autres projets d’abord.

En décembre 2014 je fête Noël en famille, j’apprends en même temps une bonne nouvelle, une naissance qui me remplit d’espoir et de bonheur pour les personnes concernées.

Et puis après Noël et son lot d’excitation et de bonheur j’apprends que quelqu’un de ma famille aux US va bientôt mourir. Ce n’est pas vraiment une surprise, je sais que cette personne est malade depuis de nombreuses années, mais quand même ça bouscule.
Après une attente de quelques jours, ma grand-mère s’éteint, comme ça dans le calme, dans son sommeil, en douceur. Ses enfants veillaient sur elle là bas et on était en contact fréquent pour suivre son évolution. Sa disparition la veille du réveillon du 31 me replonge dans une tristesse qui me surprend. Le 31 décembre je n’ai pas vraiment le coeur à la fête, mais j’y vais quand même parce que comme dit le proverbe « the show must go on ».

Janvier 2015 les événements, attentats terroristes secouent la France, le symbole de liberté d’expression est attaqué, le climat socio-politique devient angoissant et nauséabonds.
Février on se remet doucement de cette « gueule de bois » nationale et de nouveau un drame, une perte qui m’est proche.
L’année a commencé difficilement, j’espère que la suite sera plus douce. Depuis cet été j’ai quelqu’un dans ma vie, je n’en parlerai pas plus ici, parfois dans les videos, c’est ma vie privée et ça le restera.

Tout ça pour dire que malgré les drames, deuils que j’ai connu, il y a toujours un signe plus fort de vie et d’amour, il faut juste être ouvert aux expériences et garder espoir.
J’aime a dire « this too shall pass » car avec le temps on s’adapte à presque tout, on survit au pire, puis on choisit de vivre vraiment, et souvent on sort enrichi de ces combats, expériences douloureuses de la vie.
Plus humain aussi.

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