Chronologie d’une beauty addict

Je me rends compte que je ne vous ai jamais raconté comment j’ai découvert ce monde de la beauté, voici mon histoire de beauty addict

Je suis tombée très tôt dans la potion magique pour ainsi dire, pourtant je ne crois pas avoir hérité de cette addiction dans ma famille. En effet ma mère se maquillait peu, son signe distinctif était un parfum, L’air Du Temps de Nina Rici, qu’elle a toujours chez elle.

 J’ai donc découvert la beauté par mes propres moyens, d’abord à travers le petit écran de la TV, des séries américaines notamment, puis les magazines de célébrités.

J’ai grandi à la même époque que les PC, laptop, internet est arrivé chez nous vers la fin des années 90. Mais la connexion était lente et chère, l’usage était limité au strict nécessaire.

Premiers amours cosmétiques les années 80-90s

Les années collège, la pop culture… Je crois que comme beaucoup de jeunes je cherchais à imiter mes idoles, ces célébrités du petit écran, des séries Beverly Hills, Melrose Place à la mode USA.
J’étais d’autant plus influencée qu’étant à moitié américaine je passais toutes mes vacances d’été sur la cote Est.
C’est là ou j’ai découvert le temple de la tentation, les marques vendu en drugstore: Cover Girl, Neutrogena, Olay pour ne citer que ceux la. Des rayons entiers de maquillage, de produits de soin. Je demandais à ma mère de me déposer et je restais des heures entières à parcourir tous les rayons !
Souvent elle revenait me chercher et j’était encore dans le rayon beauté en train d’hésiter entre deux teintes de rouge à lèvres, et pleine de swatchs sur la main. Certaines choses ne changent pas.

J’ai toujours été attiré par les textures et les couleurs de tout type de matière et cette règle va aussi pour les cosmétiques et le maquillage.

A l’adolescence j’étais très aventureuse, je portais des couleurs flash, rose pétard, des leggings fleuris avec un haut imprimé, ça ne me posait pas de problème.

Les années lycée

Et puis au collège et enfin au lycée j’ai cherché plutôt à me fondre dans la masse. J’ai délaissé mon gout pour l’originalité que je revendiquais avant.  Je me souviens tout particulièrement de certains fards de couleur vive, bleu foncé, marron sombre, métallisé, rouge à lèvres fushia. Je croyais que c’était superbe alors que lorsque je revois les photos je me dis quon dirait une poupée Barbie cheap. Ca me fait rire mais j’aurai aimé avoir des conseils beauté pour me mettre en valeur.

C’est bien plus tard que j’ai compris que ça ne servait à rien de vouloir ressembler à une autre, que mon but d c’était de mettre en valeur mes qualités propres.

Nostalgie

Je me souviens avec « tendresse » de mes premiers rouge à lèvres de teenager que j’achetais avec mon argent de poche. Je me dirigeais toujours vers les marques de grande surface: Gemey Maybeline et L’Oréal Paris.

Si vous êtes une femme de la génération des 90s vous avez surement succombé comme moi à ces packagings devenu presque kitsch aujourd’hui, les tubes plastique pastels, en fait je crois que le maquillage à l’époque était très inspiré par Dalas et Droles de Dames. Les 90s n’était que le prolongement des 80s avec les blush hyper pigmentés, les brushing stylisé à l’américaine.

Il fallait que ça brille de partout et on se retrouvait souvent avec les lèvres ou les joues en mode boule à facettes.

Je me souviens même que j’avais porté, oh horreur, un crayon jumbo pour les yeux de couleur blanc nacré et bleu foncé car j’étais persuadée que c’était du plus bel effet, alors que ça n’était pas du tout en harmonie avec ma peau claire et mes yeux bleus !

L’Oréal avait sorti sa collection Diamonds en 2003 il me semble, dont l’égérie US était notre Buffy adorée, Sarah Michelle Gellar.  A chaque nouveau tube acquis je retrouvais ces paillettes et effet gloss un peu collant de ces RAL.

J’ai l’impression qu’aujourd’hui ce genre de texture a presque disparu les marques ont bien compris que les femmes, quelle que soit leur âge ne cherchent plus la paillette à tout prix, le bling bling c’est un peu dépassé non?

Millenium, ère de l’âge adulte et du glamour ?

Les années 2000 sont pour moi synonyme du chic coté textures et teintes de maquillage, les marques nous proposent désormais des textures crème, hydratante et moins collante tout en privilégiant la pigmentation. Et il il y a eu une sophistication des marques de drugstore qui concurrencent directement le monde du luxe et des parfumeries.

Petite anecdote entre beauty addicts:

J’ai croisé une dame dans un bus et nous avons commencé à parler avec ferveur de cosmétiques et des marques qui ont disparues depuis les années 60. Elle m’a affirmé que pour elle les marques de grandes surfaces ne valent pas celle de luxe, notamment pour les rouge à lèvres. Selon elle les RAL de luxe tels que Givenchy, Guerlain, Dior sont irremplacables quant à la texture hydratante et la pigmentation qui tient toute la journée. Elle a poursuivi en me montrant son RAL fétiche, celui qu’elle ne quitte jamais, c’était un Givenchy rouge classique, un long tube qui renferme un autre tube métallisé. Je remarqua alors tous les détails, on dirait un véritable bijou. Puis elle m’expliqua qu’elle avait adapté le packaging d’origine en retirant le superflu pour ne garder que l’essentiel de l’objet qui lui plait tant et qu’elle rachète à chaque fois.

J’étais comme happée dans la discussion, j’ai écouté son expérience de la beauté et des cosmétiques.

Comme une petite fille j’ai écouté cette histoire comme on me raconterait une anecdote d’un autre temps, de la guerre 39-45 quand ma grand-mère me racontait des anecdotes de cette époque. Ou quand j’ai assisté à une festival de musique jazz et que des musiciens de renom ont partagé avec le public des anecdotes d’un autre temps, que je n’ai pas pu connaitre.

 La manière dont elle parlait de ce rouge à lèvres et des autres produits m’a rappelé à quel point le maquillage est une expérience très personnelle, que ce soit la marque, l’image et les codes auxquels on adhère, la texture, les teintes, le budget…Tout est subjectif. Mais l’expérience du maquillage ou des cosmétiques me fascine par la diversité des choix et le lien que l’on crée entre un objet et son utilisateur.
Bien sur c’est là tout le doigté d’un service marketing pour vous faire rêver, créer des envies de consommer et vous faire voyager à travers un produit.

Ou nait le désir pour un produit  ?

Comment en effet pouvoir susciter autant de désir avec un objet tel qu’un RAL, poudre, fond de teint, vernis, parfum et la liste est longue. Dans tout acte d’achat il y a avant tout une envie de consommer, de s’approprier un objet, service, il faut créer un lien avec le consommateur. C’est tout le coeur du travail de réflexion du marketing de la marque de créer du sens entre des ingrédients, une formule, un packaging, des moyens de distribution et enfin le consommateur final. Je ne me lasse toujours pas après toutes ces années de découvrir encore et toujours les ficelles de ce monde des cosmétiques.
Dans mon expérience professionnelle j’ai pu découvrir toutes les étapes de lancement d’un produit, visité des usines, vu les étapes de développement et même si aujourd’hui je ne fais plus partie de ce secteur d’activité je reste émerveillée par ce monde là, comme tant d’autres.
Donc au départ il y a un désir de posséder un objet et après c’est une équation fragile entre le pouvoir de séduction d’une marque et ce qu’elle propose, les attentes d’un utilisateur final et le retour qu’il va susciter.

Est-ce que j’ai déjà désiré un produit cosmétique autant qu’une paire de chaussures, un vêtements, un objet high tech?

Sans aucun doute, je suis sensible aux armes de séduction des marques, même si je ne crois pas à toutes leurs promesses.

Non ce mascara ne vous transformera pas en star de cinéma, porter un parfum Dior ne vous donnera pas la carrière ni l’aura d’une Marylin Monroe, Charlize Theron, mais il contribuera à vous faire rêver.

Ca risque de faire un peu cliché mais les hommes ont leurs objets de désir: une voiture, un équipement sportif, un vin…

Les femmes ont leurs cosmétiques, rouge à lèvres, parfums, etc…

Dans l’imaginaire collectif l’apparence a son importance

est-ce que vouloir se faire belle fait automatiquement superficielle?

Je ne crois pas, je suis notamment marquée par ce rapport à l’image qu’ont les personnes les plus fragilisés dans notre société que ce soit des personnes à revenus modeste ou des patients post-opératoires. J’ai pu assister au plaisir de certaines personnes souffrant d’une pathologie dermatologique, leur plaisir de se voir changé, mis en valeur. Elles en avaient oublié la maladie de peau, les irritations.

Pour moi ça n’a pas de prix d’aider quelqu’un à se réconcilier avec son image, c’est parfois aussi efficace qu’un traitement médical.

Qui n’a pas eu des moments de déprime ou le simple fait de se lever et de se maquiller vous redonne le sourire.

Non pour moi les cosmétiques ont tout sauf un effet superficiel, je n’écrirai surement pas un blog si ce n’était pas le cas.

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